Trop âgé pour le regroupement familial

Mohamed Koda n’a pas le droit de vivre avec sa famille réfugiée en Suisse. La raison? Il a atteint la majorité et ne peut donc plus bénéficier du regroupement familial.

Mohamed Koda a été séparé de sa famille à l’âge de 20ans. Son père militait dans un parti d’opposition au Soudan: «Il a reçu des menaces des forces de sécurité et a été emprisonné durant 50 jours à Khartoum», explique le jeune homme. Une fois libéré, et malgré les persécutions dont il était victime, son père poursuit ses activités politiques. Le 3 janvier 2014, quelques jours après avoir participé à une conférence internationale, organisée par l’opposition en Suisse, il décide de déposer une demande d’asile dans le pays. Il est reconnu comme réfugié (B) au printemps 2014 et est attribué au canton de Fribourg. Il dépose ensuite une demande de regroupement familial auprès de l’autorité cantonale compétente et fait venir sa femme et ses trois filles mineures en septembre 2014. Mohamed, lui, ne pourra pas bénéficier de cette mesure. Seuls la conjointe et les enfants de moins de 18 ans ont le droit de rejoindre le père domicilié à Fribourg.

Le jeune homme ne baisse toutefois pas les bras et dépose une demande d’asile en Suisse en septembre 2017, après avoir effectué un échange linguistique en France. Un avenir plus sûr et entouré de ses proches se profilait pour Mohamed, jusqu’à ce qu’il reçoive la décision de non-entrée en matière Dublin par le Secrétariat d’Etat aux migrations en novembre 2017. «Cela n’a pas de sens. Je suis menacé de renvoi vers la France alors que ma famille se trouve ici.» Le jeune homme décide alors de faire recours auprès du Tribunal administratif fédéral. Il reçoit rapidement une réponse, s’alignant sur la décision du SEM. Le droit à l’unité familiale, mis en avant dans sa lettre, n’est pas pris en compte par les autorités. Mohamed Koda est contraint ainsi de quitter la Suisse et de vivre loin de sa famille.

Texte: Karin Mathys, Rédactrice OSAR