Visa humanitaire

Les personnes vulnérables ont la possibilité d’entrer en toute sécurité en Suisse au moyens de visas humanitaires. Très peu sont toutefois délivrés. Il convient donc d’en faire un meilleur usage.

Qu’est-ce qu’un visa humanitaire?

Toute personne persécutée ou menacée dans son pays d’origine ne devrait pas avoir à s’exposer à des dangers, voire à risquer sa vie, pour pouvoir demander protection en Suisse. C’est sur ce principe humanitaire qu’a reposé à l’origine la première loi suisse sur l’asile. Elle permettait ainsi aux personnes réfugiées de déposer une demande d’asile auprès d’une ambassade suisse à l’étranger. Depuis 2012, il n’est toutefois plus possible de déposer une demande d’asile dans les ambassades suisses, raison pour laquelle a été introduit le visa humanitaire. Celui-ci doit être demandé en personne auprès d’une représentation suisse à l’étranger et doit permettre aux personnes en quête de protection d’entrer légalement en Suisse pour y demander l’asile. Une telle demande est soumise à la condition suivante: la vie ou l’intégrité physique de la personne concernée est directement, sérieusement et concrètement menacée et celle-ci se trouve dans une situation d’urgence particulière, par exemple en cas de guerre ou de menace personnelle directe.

Qu’est-ce qui doit changer?

En théorie, les visas humanitaires constituent donc un instrument flexible permettant aux personnes vulnérables nécessitant protection d’entrer rapidement et en toute sécurité dans le pays. Or, la réalité est bien différente: dans la pratique, la Suisse ne délivre que très peu de visas humanitaires et se montre très restrictive dans l’interprétation des critères. En règle générale, les autorités partent du principe que les personnes réfugiées ne sont plus menacées à partir du moment qu’elles ont quitté leur pays d’origine et demandé un visa humanitaire dans un pays voisin. Les personnes réfugiées qui viennent d’un pays sans représentation suisse sont les premières à subir ce système puisqu’elles n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir un visa humanitaire. Elles ont donc le choix entre, d’une part, subsister dans leur pays, sans perspectives d’avenir, et, d’autre part, prendre le chemin de l’exil et mettre leur vie en danger.

Quel est l’engagement de l’OSAR?

L’OSAR s’engage pour que soient mieux utilisées les possibilités existantes permettant aux personnes les plus vulnérables d’entrer en Suisse légalement et en toute sécurité: il s’agit donc de faciliter et d’assouplir la délivrance des visas humanitaires, également pour les personnes en quête de protection se trouvant dans un pays tiers.